Quatre garçons un peu désœuvrés dans un village sans grande animation dérapent à l’initiative du plus persuasif d’entre eux : Perdu entre un père au chômage sans autorité et une mère soumise, le garçon n’a pour seul modèle l’hyperviolence et la radicalité de Rambo !

Entrainant ses 3 camarades avec lui, persuadé d’être lieutenant d’un commando de parachutistes – seul unité respectueuses selon lui – il v alors impulser des méfaits à la gravité crescendo, qui, inévitablement, déboucheront sur un homicide… Mais malgré l’organisation et la cohésion –dans le mal- a sein du groupe, les fantômes de la culpabilité finiront par rattraper les jeunes garçons : Vivre dans la peur et la mauvaise conscience, c’est déjà avoir un pied dans la tombe… La fin (un retour au début) reste ouverte : Quelle sera l’issue du procès ?

Un roman assez pessimiste, qui a néanmoins le mérite de mettre l’accent sur le rôle dévastateur de l’effet de groupe, qui inhibe toute réflexion, ou en tout cas, tout sursaut individuel...(





VICTOR a lu « Engrenages » de Christophe Léon aux éditions Oskar.

Ses trois mots : Bovarysme / Amitié / Cruauté

L’histoire : « Ils sont quatre ; Adrien, Florent, Colin et Aymar. Aymar se prend pour Rambo. Il va convaincre (ou plutôt obliger) ses compagnons à aller cambrioler la demeure des grand-parents d’Adrien ainsi que celle d’une dame »

Son avis : « Un roman exitant et palpitant qui tourne au désastre et une très bonne narration qui vous donne envie de tourner les pages et de les retourner. Je le conseille au public, qu’il soit grand ou petit » ()



C'est l'histoire de quatre amis, Florent, Colin, Adrien et Aymar qui se laissent entraîner dans l'univers de ce dernier, un univers de "Commando" réglé par "Rambo" que lui seul "voit". C'est aussi un univers où la "mission" peut accepter des "pertes" humaines.
Bref, c'est l'engrenage de la violence, jusqu'au meurtre. Les trois autres garçons ont des problèmes d'identité, d'adolescence, d'argent, d'humiliation, il sont mûrs pour être entraînés par Aymar.
Nous aussi nous sommes pris dans cet engrenage et découvrons au fur et à mesure des chapitres, les points de vue des différents protagonistes, de comprendre ce qui les a emmené si loin.
C'est passionnant à lire. ()


Chaque samedi soir, Adrien, Colin, Florent et Aymar se retrouvent sur la place d'Armes de leur village. Leur point commun : une situation familiale difficile. Florent ne voit plus sa mère, Aymar a un père alcoolique, Colin est de père inconnu et Adrien est en rupture avec ses parents. Et puis, il y a Rambo. Héros de cinéma, il est l'idole absolue d'Aymar, au point que celui-ci va le substituer à ses parents et le rendre réel. À travers Rambo, Aymar va conduire la petite bande à commettre les pires atrocités : mise à mort d'un chien, tabassages et vols de personnes âgées jusqu'au meurtre de l'une d'elles.

Le roman s'ouvre sur le procès de trois des quatre garçons (Aymar est décédé). Le lecteur n'a pas besoin de chercher le coupable puisqu'il est connu, mais il lui est donné à comprendre la spirale infernale qui entraine les jeunes à ces crimes. Et, accessoirement, de savoir comment ils se font arrêter et quels ont été précisément leurs délits. On découvre qu'Aymar s'est toujours senti accompagné de Rambo qui le guide et le conseille dans la gestion de son commando. Suivant son mentor, Aymar va exécuter des actes condamnables, jusqu'à provoquer sa propre mort. Charismatique et autoritaire, il est parvenu à entrainer ses trois amis dans ses folies.

Le livre est rythmé de courts chapitres, de phrases brèves, sèches et neutres. Vie quotidienne et missions criminelles se succèdent. L'auteur alterne la narration du procès et celle de la vie des accusés durant les faits. Tous ces éléments créent le suspense et même si l'on connait le dénouement dès le début, on ne peut s'empêcher de chercher à comprendre ce qu'il s'est passé. Plutôt que de nous faire deviner quels sont les fautifs et quels sont leurs crimes, l'auteur veut montrer par quel chemin tordu ces adolescents ont pu être entrainés dans un tel cercle vicieux.

Comme dans La vague de Todd Strasser, on retrouve ici la logique de l'obéissance aveugle à un leader charismatique et de l'appartenance à un groupe : ne pas penser à l'acte puisque un autre le fait pour vous, la déshumanisation de la victime qualifiée d'ennemi et non plus de personne. La couverture elle-même rappelle la croix nazie, illustrant ainsi le lien entre ce commando d'ados et le régime hitlérien. Le roman pousse à se questionner sur l'origine du mal, réflexion que l'on retrouve chez Hannah Arendt.

J'ai aimé ce livre malgré un a priori négatif ressenti dans les premières pages. Il s'ouvre en effet sur la description froide d'un procès qui ne suscite ni intérêt ni compassion. Le style neutre qui, au fil des pages, met en valeur un certain détachement vis-à-vis de l'action dramatique, peut surprendre au départ et démotiver le lecteur. De même, l'histoire peut être délicate pour de jeunes lecteurs, car elle est parsemée de scènes violentes, voire traumatisantes. Toutefois, ce roman m'a maintenu dans un suspense constant et s'est révélé passionnant. Au point que, une fois les premières réticences passées, je n'ai plus pu lâcher ce livre. ()



Si seulement...l'histoire d'un groupe d'ados,à la campagne...l'un est un leader-né,l'autre vit seul avec son père,les 4 garçons s'embêtent un peu,une petite bêtise pour s'amuser, et ensuite,la surenchère,l'engrenage et la cour d'assises.Un roman très sensible et triste sur l'adolescence.Un livre très réussi (



Dans le cadre des rencontres littéraires et de l'opération Écrivains 17, la bibliothèque municipale accueille vendredi l'écrivain Christophe Léon. L'événement va se dérouler en deux temps. Le matin, au collège de Cozes, le club de lecture, animé par la documentaliste et un professeur de Français, va recevoir l'écrivain. Un groupe d'élèves a réalisé une biographie de l'auteur, ainsi que des affiches publicitaires, un autre groupe a recréé la couverture de l'ouvrage « Argentina, Argentina », composé d'un article de presse et d'un poème argentin en version espagnole avec sa traduction.

En soirée, c'est à Meschers que Christophe Léon viendra s'entretenir avec le public, pour lui faire découvrir ses livres et sa démarche d'écriture. À cette occasion, deux collégiens liront un extrait de la « Balade de Jordan et Lucie ».

Biographie
Christophe Léon est né en 1959, à Alger. Après une enfance tropézienne, il a étudié aux beaux-arts de Marseille, été joueur professionnel de tennis, appareilleur en orthopédie, gérant de société et artiste peintre, un parcours plutôt éclectique qu'il consacre exclusivement depuis une dizaine d'années à l'écriture.

Son premier roman, « Tu t'appelles Amandine Keddha », a été publié aux Éditions du Rouergue en 2002. « Palavas la Blanche » a suivi en 2003. Paru en 2006 à l'école des loisirs, « Longtemps » est son premier roman consacré à la jeunesse. Son thème de prédilection est la défense de l'environnement : « Écoloco », « Silence », « on irradie », « Bleu Toxic ». Son dernier roman « Engrenages », est paru chez Oskar éditeur en octobre 2012.

Au cours de la rencontre animée par Anne-Lise Dyck-Daure, les travaux réalisés par les élèves du collège seront présentés et exposés à la bibliothèque jusqu'au 3 mars. Quant aux ouvrages de l'auteur, ils seront mis à disposition sur la table de lecture proposée par la librairie Lignes d'Horizon. ()



Photo

La scène commence aux Assises. Trois jeunes garçons sont accusés et on apprend que le principal instigateur est mort quelque temps avant. Suit le flash-back des circonstances qui les ont amenés là. La campagne, l'ennui, le désir de s'occuper, de se faire remarquer, d'exister...Ou comment quatre amis en viennent peu à peu à suivre l'un d'eux dans ses incartades. Quelques bêtises au départ, des "incivilités" dirions-nous, puis des vols, des violences gratuites. Pourtant ce sont des garçons comme les autres....

Le talent de Christophe Léon est d'avoir réussi à décrire la montée très progressive de cet esprit de bande qui les mènera au pire. Ce sont des petits signes de reconnaissance, puis des épreuves que l'on s'oblige à accomplir, la première violence sur un chien, le premier vol... Un excellent roman pour adolescents dans la lignée des également très bons La randonnée et Dernier métro. ()



Quatre garçons de la campagne qui par désoeuvrement ou mal-être vont basculer dans la violence gratuite et sordide. Comment ont-ils pu en arriver là ? On ne le sait pas mais on suit leur parcours et leur obéissance à un meneur complètement amoral.
Un récit à plusieurs voix qui, s'il dérange, n'en reste pas moins un temoignage sur l'enchainement des bêtises qui peuvent conduire au drame...
Christophe Léon sait parfaitement nous raconter ces tranches de vie où les personnages sont emportés par les évènements jusqu'au point de non-retour.
A lire ()



Engrenages... où comment quatre adolescents de la campagne s'enfoncent dans la spirale infernale de la violence gratuite.
Adrien, Florent, Colin et Aymar sont quatre copains d'enfance. Aucun n'a une vie parfaite, comme tant d'autres. Mais sous l'influence d'Aymar, fan de Rambo et personnage charismatique mais psychologiquement instable, les 3 autres sont entrainés dans des opérations commando qui dégénèrent peu à peu.
Christophe Léon nous montre ici les mécanismes qui ont conduit ces jeunes garçons jusqu'au drame : est-ce l'effet de groupe, la pression ou tout simplement l'inconscience ?
Je n'ai pu m'empêcher de mettre en résonnance ce roman avec des faits d'actualité malheureusement de plus en plus présents... Peut-être cette lecture permettra-t-elle d'ouvrir le débat et de se poser la question : si j'avais été à leur place, comment aurais-pu arrêter cette escalade de violence ?
Un roman à découvrir. ()