J’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur son parcours, son actualité et ses projets (Pépita-Méli-Mélo de livres).

Pour avoir lu plusieurs de ses romans (liens en bas de cet article), je peux vous dire qu’ils ne laissent pas indifférents. Ils font réfléchir à des sujets de société et creusent les relations humaines. Son écriture, très ciselée, va pourtant toujours à l’essentiel et laisse au lecteur une large liberté d’interprétation...





Personne n’a oublié la date du 11 mars 2011, synonyme de la catastrophe nucléaire de Fukushima.
Noriaki, 14 ans, vivait à moins d’une centaine de kilomètre de là et son père travaillait dans la centrale dans la salle de contrôle de l’unité 1. Deux ans après la catastrophe, Noriaki écrit une lettre au président de de la TEPCO qui gérait la centrale nucléaire de Fukushima. Très sobrement le jeune garçon raconte le quotidien de sa mère, de sa petite soeur et de lui-même depuis le jour de l’annonce de l’accident jusqu’aux semaines qui ont suivi. D’abord l’inquiétude de ne recevoir aucune nouvelle du père Kensaku. Les journées passées à guetter le téléphone et les moindres nouvelles télévisées dans l’espoir d’obtenir des informations. Puis le coup de fil tant attendu de Kensaku annonçant qu’il est vivant et qu’il s’est porté volontaire pour rester à la centrale afin de maintenir la température des réacteurs…
Fukushima : mon père n’est pas un héros est un petit texte simple et sobre qui ne cherche pas à polémiquer mais seulement à raconter de façon très réaliste ce que des dizaines et dizaines de familles ont vécu en mars 2011 et comment les responsables de la compagnie nucléaire et le gouvernement japonais sont restés lointains de ces familles.
Une fois de plus Christophe Léon signe un texte fort qui fait réfléchir. ()



Ceci n'est pas un roman,
Ceci est une lettre, une longue lettre, une lettre comme un cri de rage.

Pour ce qui est des événements tout est dit dans le quatrième de couverture, pour le reste, j'ai ressenti une boule dans le ventre dès les premières pages lues. Il y a une tension, un style dans l'écriture, qui ne laisse pas indifférent. Le sujet demeure encore, plusieurs années après la catastrophe, sensible.
Ce livre est court, comme un coup de poing, mais le choc, qui en résulte, laisse une douleur pendant longtemps. J'y repense souvent. Car je n'arrive pas à m'imaginer, ce qu'ont pu être ces jours, ces semaines pour les japonais.

Un livre à lire absolument. ()



Nara, mars 2012. Uemura Noriarki écrit une lettre au président de la TEPCO, compagnie qui gérait la centrale nucléaire de Fukushima au moment du tsunami du 11 mars 2011. Il lui raconte le tremblement de terre, l'annonce du tsunami, la destruction des réacteurs de la centrale. Il lui raconte son père, ingénieur au sein de celle-ci, l'inquiétude, le temps qui 3 fables contemporaines dont tout le sel se trouve dans la chute

À travers la lettre de cet adolescent, on découvre l'horreur de ce moment. On évoque peu, par l'intermédiaire de la télévision, les victimes du tsunami. Ici, on parle de cette famille à plusieurs dizaines de kilomètres qui attend, dans l'angoisse, des nouvelles du mari, du père. Quand on lit se livre, on se doute de l'issue, on connait tous le sort qu'on subit ces employés en allant tenter de refroidir les réacteurs de la centrale.

Cette lettre n'est pas une lettre de colère, en tout cas pas pour ce à quoi on pourrait s'attendre : une sécurité insuffisante, l'envoi d'hommes à la mort, l'injustice... Cette lettre c'est un message, fort et poignant, pour rendre l'humanité à ces hommes... qui n'étaient pas des héros ! (Littérature  & Jeunesse, 19 mars 2015)



Pour ceux qui ont été marqués par la catastrophe de Fukushima

Mon père n'est pas un héros de Christophe Léon

Un an après la catastrophe du 11 mars 2011, Noriaki, un adolescent de presque 14 ans, décide de prendre sa plume pour écrire au président de la TEPCO, la compagnie qui gérait la centrale nucléaire de Fukushima... ()



Noriaki attend son père, ingénieur à la centrale de Fukushima. Mais le 11 mars 2011, suite à un tsunami, la centrale est endommagée et son père ne revient pas. Il s'est porté volontaire pour rester travailler dans la centrale nucléaire. Un an plus tard, l'enfant écrit au président de la Tokyo Electric Power Company. Il raconte l'histoire de son père et l'attente de sa famille. Son père était-il un héros?
 
Un court livre qui nous interroge sur le rôle tenu par les hommes qui par devoir sont restés au mépris de leur vie pour tenter de sauver celle des autres. Victimes ou héros? Tout est question de point de vue. L'auteur semble nous donner l'adresse de la TEPCO pour  que nous puissions nous aussi interpeller la société responsable du site de Fukushima. ()




Noriaki est un jeune japonaise de 14 ans. Il écrit une lettre en mars 2012 au président de la TEPKO, la société qui gérait la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
    Il raconte la vie familiale…  avant la date fatidique du  11 mars 2011 quand le tremblement de terre provoque la catastrophe dans la centrale où  Kensaku son père âgé de 43 ans est  ingénieur. Noriaki partage avec sa mère tous les moments d’inquiétude et d’espoir, d’ignorance et d’attente qui échelonnent les jours avant un retour improbable de Kensaku !
    Un récit sobre et paisible qui respecte parfaitement l’éthique boudhiste et japonaise de l’acceptation du destin dans le devoir à accomplir.
Une lettre intime parce que personnelle dans la perte du père et ouverte parce que la catastrophe de Fukushima a été un échec retentissant des conséquences de l’énergie nucléaire : une lettre qui suscite  l’émotion et l’empathie du lecteur. ( "Un livre par jour", Transat F.M.98.5MHZ, janvier 2014)





Un adolescent écrit un an après la catastrophe de Fukushima, au président de la compagnie qui gérait la centrale nucléaire de Fukushima. Il y raconte l’absence de son père, employé à la centrale et qui s’est porté volontaire pour que la catastrophe ne devienne pas encore plus terrible. Son retour après des jours douloureux et finalement sa perte, malade des suites de cette exposition aux radiations. Noriaki n’accuse pas, il raconte tout simplement pour que l’on ne dise plus que son père était un héros mais juste son père et celui de sa sœur, et le mari aimant de sa mère, et un employé comme les autres. Petit roman simple et efficace qui montre la juste réalité d’une catastrophe planétaire ou plutôt d’une catastrophe familiale. ()




2012. Un adolescent dont le père est décédé des suites de la catastrophe nucléaire qui a eu lieu en 2011 à Fukushima, au Japon, écrit une lettre au président de l'entreprise qui gérait la centrale. Il lui explique comment lui et sa famille ont vécu cette intense et dramatique période pendant laquelle son père s'est senti obligé, pour le bien du pays, de rester sur le site pour tenter de limiter les dégâts. Comment il s'est sacrifié pour la nation. Et comment lui, son fils, refuse de considérer son père comme un héros. Non; son père n'est pas un héros. C'est une victime.
Un tout petit récit très fort, comme sait le faire cet auteur. Pas de commisération, pas d'agressivité. Simplement des faits et une constatation, puis un avis, comme un couperet.
Peut être lu à voix haute et suivi d'une discussion. )


Fukushima, on en entend toujours parler. Mais juste parler. Au même niveau que n'importe quelle autre information dont les médias nous abreuvent.

Ce court roman est une lettre : sobre mais poignante. Pas un cri de colère, pas de révolte, mais un besoin mûri de mise au point.

Noriaki est un adolescent de 14 ans et il décide, un an après le drame, d'écrire au Président de la TEPCO, la société qui gérait la centrale nucléaire au moment des faits.

Il y relate sans concessions et avec dignité tout ce que lui et sa famille ont vécu après : son père, ingénieur, a décidé de se porter volontaire, avec des centaines d'autres, pour refroidir les réacteurs explosant les uns après les autres au péril de leur santé et de leur vie.

Il y a d'abord la nouvelle du tremblement de terre, puis du tsunami. Et l'attente. Le coup de fil qui arrive enfin avec sa voix au téléphone. Puis la fureur contenue à l'annonce de sa décision de rester. Une soumission toute japonaise. Puis à nouveau l'attente, une famille accrochée à la télévision. Et très peu de nouvelles. Puis enfin, le retour du père au sein de sa famille. La joie des retrouvailles, l'envie de vivre "comme avant". Sauf que la radioactivité mettra six mois à le terrasser.

La lettre est émaillée de souvenirs des temps heureux, dans ce Japon à la culture si policée. Une lettre où tout est dit : la vie des hommes ne vaut pas d'être vécue si elle est soumise à la loi du sacrifice à tout prix. Une lettre d'une grande maturité qui termine par ces mots : mon père a été une victime comme tant d'autres, et pas un héros comme on voudrait nous le faire croire. La fin ne justifie pas les moyens.

Une lettre comme un cri silencieux mais qui est plus forte que n'importe quel discours. Elle aussi, elle emporte tout son passage. Elle ébranle les consciences. Sa portée est encore plus forte que n'importe quelle violence du fait même de sa noblesse.

J'apprécie que la littérature jeunesse s'empare aussi de sujets graves de société. Qu'elle fasse rêver, qu'elle fasse rire, qu'elle fasse s'évader mais qu'elle fasse réfléchir aussi. )




Coup de coeur juillet / août 2014  

Mars 2012, Noriaki un jeune Japonais prend sa plume et décide d'écrire au président de la Tokyo Electric Power Company qui gérait la centrale nucléaire de Fukushima. Ce roman épistolaire raconte la catastrophe vue de sa vie à lui.
Ce qui frappe au prime abord, c'est la colère du personnage de Noriaki. En s'adressant au président d'une grande compagnie, audace qui, on s'en doute, se réduit à un feu de paille. C'est David contre Goliath... Et pourtant, obtenir une réponse ne semble pas être ce qu'attend le jeune garçon.
On s'aperçoit très vite que ce qu'il cherche c'est exprimer colère, désolation, incompréhension aussi. Car du haut de ses 14 ans, il est encore un enfant et c'est avec ce regard qu'il relate les faits. Là où il y a eu catastrophe planétaire, lui aborde le drame de chez lui. Il raconte ce huis clos psychologique qu'est l'attente et dans lequel il est enfermé avec sa mère et sa petite soeur. Il parle de l'omniprésence du téléphone et de la télévision (incontournables dans ces moments-là et pourtant si inutiles face à la tristesse). Sans s'étendre sur ses sentiments, il chemine le long des heures et des jours qui ont suivi l'explosion et parle du quotidien et surtout de ce père qui a choisi de rester sur place par devoir plutôt que de rentrer pour sa famille. C'est finalement la colère contre son père sacrifié qu'il écrit. Avait-il vraiment le choix dans une culture où le devoir patriotique passe avant tout. Il dit sa colère contre l'hypocrisie d'un système industriel, d'un pays qui joue sur les mots et transforme des victimes en héros.

Plus qu'un livre sur la catastrophe de Fukushima, c'est une oeuvre sur le besoin d'écrire, de dire, de dénoncer la duperie. Le récit est amené avec justesse et pudeur. Forcement émouvant, ce témoignage, plus que le récit d'une catastrophe est, avant tout, l'expression de la douleur humaine. )


Lettre ouverte d'un ado de 14 ans au Président de la TEPCO. Très sobrement sa plume raconte les événements quotidiens,  de l'annonce de la catastrophe de Fukushima, de l'attente, jusqu'au coup de fil espéré donnant des nouvelles de son père, ouvrier de l'usine.
Sans chercher à polémiquer, Noriaki nous expose les faits et le manque de dissernement et de proximité du gouvernement et de la compagnie nucléaire.
Mais au delà de ça, Christophe Léon nous interroge aussi sur  ces hommes, ces ouvriers qui par devoir, pour la Nation, sont restés dans l'usine pour tenter de "réparer".
Héros ? Ou victimes ?
Tant de questions ouvertes qui apportent toute la force à ce texte à la fois intimiste et engagé. )



Le Japon est un pays avec lequel j’ai fait connaissance voici deux ans – d’un point de vue littéraire, entendons-nous bien. La casanière que je suis ne voyage que par les mots ou les images. Depuis 1945, les tragédies ont eu lieu sur le sol japonais, et toujours, les survivants, les témoins montrent retenue et dignité. Ils attirent aussi les auteurs, non comme des scribouillards avides de sensationnels, mais comme des hommes respectueux, décidés à ne pas oublier, et à réfléchir sur ces tragédies. Ce fut le cas de Kenzaburo Oé dans Notes de Hiroshima ou d’Underground d’Haruki Murakami.

Un auteur japonais aurait-il pu écrire Mon père n’est pas un héros ? Je n’en suis pas sûr. Pourtant, le texte de Christophe Léon est d’autant plus fort qu’il est concis. Ce n’est pas une lettre ouverte dans un journal, ce n’est pas un témoignage mis sur un réseau social, non, c’est une lettre privée au patron de l’entreprise qui employait le père du narrateur, un an après le drame de Fukushima. Noriaki a 14 ans, et suffisamment de recul, de maturité, pour analyser ce qu’il a vécu, pour exprimer son ressenti, et sa colère.

Noriaki, sa petite soeur Emiko et ses parents formaient une famille unie, avant la catastrophe. Une famille ordinaire : le papa est ingénieur, la petite soeur va au jardin d’enfants. Les parents sont soucieux de leurs enfants, de leur réussite, sans excès. Ils participent aux fêtes japonaises traditionnelles.

Puis vint Fukushima. Noriaki retranscrit alors les différentes étapes de ce qui a eu lieu, et surtout le geste fort de son père, et d’autres avec lui, qui se sont portés volontaires. Qui sont restés à leur poste. Qui ont aidé les secouristes. Non pour la gloire ou l’argent. Par devoir. C’est vraiment le mot qui ponctue le texte  : devoir. Il raconte aussi l’envers du décor, les familles, qui ne savent rien ou presque, les médias, quasiment muets, l’obligation de chercher de véritables informations sur internet. Et enfin, le dénouement.
Le soulagement ? Pas vraiment.

Mon père n’est pas un héros est un texte coup de poing. ()